Le rapport décrit comment Nissan à Canton au Mississippi viole les normes internationales relatives aux droits de l’homme des travailleurs qui veulent former un syndicat et négocier collectivement.

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SheliaInParis

Le résumé récemment dévoilé produit par la NAACP du Mississippi (National Association for the Advancement of Colored People) et Lance Compa, chercheur en droit international du travail décrit comment Nissan porte atteinte à la liberté d’association des travailleurs en vertu des principes de l’Organisation Internationale du Travail

(Paris, France) – Un rapport détaillé de Lance Compa, expert en droit international du travail, sera diffusé à Paris le 22 octobre. En s’appuyant sur de nombreux témoignages faits par des employés, ce rapport informe que Nissan à Canton au Mississippi est en violation des normes internationales du travail sur la liberté syndicale en raison d’une campagne de peur, d’ingérence et d’intimidation lancée par la direction américaine pour annuler ces droits. Certains employés ont saisi le syndicat américain, United Auto Workers (UAW). Ce rapport qui a été publié dans un premier temps à Washington D.C. le 8 octobre sera également présenté au Brésil.

Ce rapport recommande que Nissan reconnaisse les normes internationales sur la liberté syndicale aux Etats-Unis, tel que pratiqué avec la totalité des syndicats au niveau mondial, et tel que pratiqué par son partenaire Renault, qui a une expérience éprouvée de dialogue social constructif avec ses employés. Renault et Nissan forme un groupe de deux entreprises mondiales dans l’industrie de l’automobile, caractérisé par un modèle d’actionnariat croisé, avec Renault qui détient 43.4 pour cent du capital de Nissan, et Nissan qui détient 15 pour cent de capital de Renault. En France, le partenaire de Nissan, Renault, travaille en coopération avec les syndicats et adopte une politique forte en matière de responsabilité sociale des entreprises, notamment la signature récente d’un Accord Cadre Mondial pour faire avancer les droits des employés dans ses opérations à travers le monde.

Les syndicats CFDT, CGT, CFE-CGC et Force Ouvrière soutiennent les travailleurs du Mississippi et ont fait preuve d’une grande solidarité en visitant la communauté des travailleurs du secteur automobile dans le Mississippi, et en envoyant une lettre ouverte à Renault. A travers ces efforts, l’UAW gagne le soutien des syndicats japonais chez Nissan, et d’autres syndicats sympathisants ont manifesté contre les tactiques de Nissan au Brésil, en Afrique du Sud et au salon de l’auto de Genève.

Dans l’usine de Canton, Nissan a lancé une campagne de peur et d’intimidation pour entraver ces droits.

« Notre recherche montre que Nissan ne respecte pas les normes relatives au traitement des travailleurs prévues dans les normes fondamentales du travail de l’Organisation Internationale du travail (OIT), les principes des droits de l’homme de l’ONU et autres normes internationales. Elle dément également les propres engagements publics de Nissan au respect des normes internationales par son adhésion au Pacte Mondial des Nations Unies », a déclaré M. Compa, un avocat américain actuellement basé en Europe. « La description des travailleurs de la façon dont ils sont traités derrière les murs de l’usine massive de Nissan à Canton au Mississippi, indique que Nissan porte systématiquement atteinte au droit internationalement reconnu de former un syndicat.»

L’employé Jeff Moore, un technicien de la qualité de l’atelier de carrosserie embauché en 2001, a déclaré que l’intimidation antisyndicale a commencé dès le début. « Au cours des premières réunions, les gestionnaires nous ont dit que Nissan n’accepte absolument pas de syndicats et ne voulait rien avoir avec eux, que les syndicats sont la cause des fermetures d’usines », a déclaré Moore. « Tout ce qu’ils ont dit au sujet des syndicats était négatif, rien de positif. C’est comme s’ils nous forçaient à nous mettre dans la tête de rester loin des syndicats », a déclaré M. Moore.

Les travailleurs ont également détaillé des réunions de «public captif» dans lequel ils ont été forcés de regarder des films et écouter les discours remplis de menaces implicites de fermeture de l’usine s’ils formaient un syndicat, et orchestraient des réunions en tête-à-tête avec des superviseurs, les avertissant qu’il y aurait de graves conséquences s’ils choisissaient une représentation syndicale.

Nissan, indique le rapport, vise également sa campagne antisyndicale en direction de centaines d’« associés » ou travailleurs temporaires, appelés travailleurs précaires à l’échelle mondiale, dont beaucoup font le même travail que les employés réguliers de Nissan, mais sont payés des salaires plus bas et ont moins de sécurité de travail. Le rapport conclut que les travailleurs temporaires, en raison de leur situation précaire, se sentent souvent encore plus vulnérables au climat de peur et d’intimidation de la société s’ils soutiennent un syndicat.

POUR PLUS D’INFORMATIONS, CONTACTEZ : Laila Rodriguez, media@uaw.net, +41 79 375 78 59.

www.dobetternissan.org

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